L’ouverture à l’italienne : l’élégance de commencer avant de savoir comment finir

13–19 minutes
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La vie est comme une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit longue, mais qu’elle soit bien jouée.

Sénèque


Trois coups et déjà toute une philosophie

Il existe aux échecs des ouvertures dont le nom suffit à faire voyager. La défense sicilienne sent déjà la poudre, l’Espagnole évoque Tolède et ses ruelles où l’on imagine volontiers deux grands maîtres s’affronter à l’ombre d’une cathédrale, tandis que l’ouverture à l’italienne possède quelque chose de plus lumineux. On y entendrait presque le bruit d’une fontaine romaine et le tintement d’une tasse d’espresso posée un peu trop vivement sur le comptoir. Son principe est pourtant d’une simplicité désarmante : les Blancs avancent le pion du roi, développent leur cavalier puis placent leur fou en c4, tourné vers la case f7, point fragile du dispositif adverse. Trois gestes seulement, connus depuis plusieurs siècles, et voici déjà posées quelques-unes des questions les plus anciennes de la philosophie : faut-il prendre l’initiative ? Jusqu’où peut-on prévoir ? Est-il plus sage d’attendre ou d’agir ? Et surtout, comment avancer dans un monde où l’autre possède, lui aussi, des projets ?

Les échecs sont probablement l’une des inventions les plus philosophiques de l’humanité parce qu’ils nous infligent une humiliation salutaire : nous connaissons toutes les règles et nous ignorons pourtant ce qui va arriver. Aucun hasard ne viendra nous sauver. Les pièces sont visibles, l’adversaire ne cache aucune carte dans sa manche et le dé n’existe pas. En théorie, tout est là. En pratique, l’avenir demeure vertigineusement incertain. Voilà qui ressemble beaucoup à la vie, à ceci près que celle-ci a eu l’élégance supplémentaire de ne pas nous fournir les règles avant le début de la partie.

L’ouverture à l’italienne est particulièrement intéressante parce qu’elle repose sur une idée presque morale : occuper le centre, développer ses forces, préparer son roi et créer une menace sans compromettre immédiatement toute sa position. Autrement dit : agir avec ambition sans confondre le courage et la témérité. Voilà un programme dont pourraient utilement s’inspirer quelques gouvernements, beaucoup d’entreprises et probablement chacun de nous avant certaines décisions familiales. Car commencer est toujours un acte philosophique. Avant le premier coup, toutes les parties sont possibles. Dès que le pion avance, certaines disparaissent. Choisir, c’est ouvrir un chemin et en fermer une multitude d’autres. Søren Kierkegaard avait parfaitement compris cette angoisse du possible : la liberté nous grise précisément parce qu’elle nous oblige à renoncer. Nous rêvons volontiers d’une existence dans laquelle toutes les portes resteraient ouvertes. Malheureusement, une vie passée sur le seuil finit par ressembler beaucoup à une vie où l’on n’est entré nulle part.

Le joueur qui choisit l’Italienne accepte donc immédiatement quelque chose que nous mettons parfois des décennies à comprendre : il faut se compromettre avec l’existence. Le pion e4 ne reviendra jamais en e2. Le fou sorti en c4 aura révélé une intention. L’adversaire saura désormais quelque chose de nous. Toute action nous expose ainsi au regard et à la réponse de l’autre. Celui qui ne fait rien conserve toutes ses possibilités ; il possède seulement le léger inconvénient de ne rien accomplir. L’élégance de l’ouverture italienne tient alors à son équilibre. Elle n’est pas une ruée aveugle. Elle ne jette pas toutes ses forces sur le roi adverse dans l’espoir assez adolescent que l’enthousiasme remplacera le calcul. Elle développe, prépare, observe. Mais elle ne se contente pas non plus d’attendre poliment que l’adversaire prenne possession du monde. Elle affirme une présence. Il existe là une différence essentielle entre la prudence et la peur. La prudence prépare l’action ; la peur la reporte indéfiniment. Aristote plaçait précisément la vertu entre deux excès. Le courage n’est ni la lâcheté ni la témérité. Aux échecs comme dans l’existence, la sagesse n’est donc pas de supprimer le risque — entreprise parfaitement impossible — mais de choisir celui qui mérite d’être couru.

Et puis survient l’autre.

C’est probablement la leçon la plus importante des échecs. Nous élaborons un plan magnifique, puis quelqu’un joue en face. Beaucoup de nos difficultés existentielles viennent peut-être de ce détail que nous avions négligé. Nous organisons notre carrière, notre couple, nos projets, notre avenir ; mais les autres êtres humains possèdent cette habitude exaspérante d’avoir eux aussi une volonté. L’adversaire répond à 1.e4. Il développe ses pièces. Il menace les nôtres. Il refuse obstinément de jouer les coups qui nous arrangeraient. La stratégie commence exactement là : lorsque le réel répond. Un mauvais joueur s’obstine alors dans son plan initial. Un bon joueur le modifie. Cette capacité d’adaptation possède une profondeur philosophique considérable. Nous confondons parfois la fidélité avec l’entêtement. Être fidèle à un but n’oblige pas à conserver éternellement le chemin que nous avions imaginé pour l’atteindre. Au contraire, celui qui sait exactement ce qu’il veut peut changer de méthode sans avoir le sentiment de se trahir. L’ouverture italienne illustre admirablement cette souplesse. Selon la réponse adverse, la partie peut devenir calme et positionnelle ou, au contraire, basculer dans les complications du gambit Evans ou de certaines variantes extrêmement tactiques. Le même commencement contient plusieurs futurs. Voilà encore une leçon que l’existence nous répète : nous ne sommes jamais entièrement définis par notre premier coup.

Il faut savoir commencer, mais il faut surtout savoir continuer.

Nous passons beaucoup de temps à rechercher la décision parfaite : le métier idéal, la bonne rencontre, le meilleur investissement, le moment exact où il faudrait agir. Les échecs nous apprennent une vérité moins confortable : aucune décision ne possède de valeur indépendamment de celles qui la suivent. Un excellent premier coup suivi de vingt sottises conduit rarement à la victoire. À l’inverse, une imprécision initiale peut être réparée par une suite de décisions intelligentes. Peut-être devrions-nous juger nos propres erreurs avec la même indulgence stratégique. Nous avons tous avancé quelques mauvais pions. Nous avons choisi trop vite, trop tard, aimé quelqu’un qu’il aurait été préférable d’éviter ou refusé une occasion que nous aurions dû saisir. La partie n’est pas nécessairement perdue. Tant qu’il reste un coup à jouer, il reste une position à comprendre. L’ouverture à l’italienne ne nous promet donc pas la victoire. Aucune ouverture sérieuse ne le pourrait. Elle nous offre quelque chose de plus utile : une manière d’entrer dans l’incertitude. Développer ses forces. Occuper l’espace qui nous revient. Regarder loin. Ne pas exposer inutilement son roi. Et accepter que, malgré toutes nos précautions, quelqu’un en face puisse avoir une meilleure idée.

Trois coups seulement.

Mais parfois, pour commencer une philosophie de la vie, trois coups suffisent.

Prévoir l’avenir sans prétendre le posséder

Le joueur d’échecs possède un défaut que partagent volontiers les philosophes, les économistes et les médecins : il aimerait savoir ce qui va arriver. Il examine une position, imagine une réponse, prévoit la suivante, puis celle d’après, et se persuade parfois qu’en regardant suffisamment loin il finira par prendre l’avenir en flagrant délit. L’ouverture à l’italienne encourage précisément cette projection. Dès les premiers coups, chaque pièce semble annoncer quelque chose : le fou regarde f7, le cavalier contrôle le centre, le roi se prépare à roquer. Tout paraît ordonné. Mais l’adversaire, encore une fois, dispose du privilège irritant de participer à l’histoire.

C’est ici que les échecs deviennent une remarquable école de modestie. Le débutant calcule un coup. Le joueur expérimenté en calcule plusieurs. Le grand maître en envisage davantage encore. Aucun ne voit pourtant la partie entière avec certitude. Plus la position devient complexe, plus l’arbre des possibilités se ramifie jusqu’à dépasser ce que l’esprit humain peut explorer. L’intelligence ne supprime donc pas l’incertitude ; elle nous permet seulement de mieux nous y déplacer. Cette distinction est capitale. Nous avons tendance à croire que celui qui sait doit prévoir. Le médecin devrait connaître l’évolution exacte d’une maladie, l’économiste la prochaine crise, le politique les conséquences de sa réforme et le parent ce que deviendra son enfant. Lorsqu’ils se trompent, nous leur reprochons volontiers de n’avoir pas su lire un avenir qui, rétrospectivement, nous paraît toujours d’une limpidité remarquable. Le passé possède cette qualité merveilleuse : une fois arrivé, il devient parfaitement prévisible.

Aux échecs, comme dans la vie, la sagesse consiste moins à deviner exactement l’avenir qu’à construire une position capable de résister à plusieurs avenirs possibles. Voilà pourquoi l’ouverture italienne est si intéressante. On développe les pièces non parce qu’on connaît déjà leur destination finale, mais parce qu’on augmente leur capacité d’action. On roque non parce qu’on sait précisément quelle attaque viendra, mais parce qu’on protège le roi contre plusieurs dangers possibles. On contrôle le centre parce qu’il offre davantage de chemins lorsque la situation changera. Autrement dit, la bonne stratégie ne consiste pas seulement à prévoir ; elle consiste à préserver des possibilités. Cette idée dépasse largement l’échiquier. Nous imaginons souvent qu’une vie réussie repose sur un plan parfaitement exécuté. Il faudrait savoir très tôt où aller, construire une carrière cohérente, prendre les bonnes décisions dans le bon ordre et parvenir, quelques décennies plus tard, exactement à l’endroit prévu. C’est une conception rassurante de l’existence. Elle possède seulement un défaut : la vie ne semble pas avoir été informée du programme. Les rencontres, les accidents, les maladies, les réussites inattendues et les échecs immérités déplacent constamment les pièces. Nous pensions jouer une partie positionnelle et voici qu’un gambit surgit. Nous avions préparé une finale tranquille et l’échiquier prend feu au quinzième coup. L’intelligence véritable ne consiste alors pas à se plaindre que la position ne ressemble plus à celle que nous avions prévue. Elle consiste à la regarder telle qu’elle est.

Marc Aurèle aurait probablement été un joueur intéressant. Les stoïciens nous invitent précisément à distinguer ce que nous pouvons gouverner de ce qui nous échappe. Aux échecs, je choisis mon coup ; je ne choisis pas celui de l’adversaire. Dans l’existence, je peux travailler à ma décision ; je ne commande ni aux événements ni aux autres. La sérénité commence lorsque nous cessons d’exiger du monde qu’il joue la variante que nous avions préparée.

Mais l’Italienne contient aussi une autre leçon, moins stoïcienne et plus joyeuse : il faut parfois oser compliquer la partie. Certaines de ses variantes invitent au sacrifice. Un pion est offert pour gagner du temps, ouvrir des lignes, prendre l’initiative. Voilà une notion qui paraît presque scandaleuse à notre époque, tellement préoccupée par l’accumulation : perdre quelque chose peut parfois améliorer notre position. Nous le savons pourtant dans nos vies. Il faut renoncer à du temps pour apprendre, à certaines certitudes pour penser, à un confort pour entreprendre, parfois à une ambition pour préserver ce qui compte davantage. Tout sacrifice n’est évidemment pas intelligent. Donner sa dame sans compensation demeure une sottise, même lorsqu’on l’accompagne d’une longue justification philosophique. Mais refuser toute perte revient souvent à refuser toute transformation.

Il existe ainsi des moments où conserver coûte davantage que perdre.

Le grand joueur ne s’attache pas sentimentalement à ses pièces. Il les aime pour ce qu’elles peuvent accomplir, non pour le simple plaisir de les posséder. Peut-être devrions-nous apprendre à regarder certaines choses de notre existence avec la même distance. Nous accumulons des positions, des titres, des objets, des habitudes et parfois même des rancunes comme si leur ancienneté constituait une raison suffisante pour les conserver. Puis nous découvrons qu’elles encombrent l’échiquier. L’ouverture à l’italienne nous rappelle alors que l’initiative possède une valeur propre. Celui qui impose les questions oblige l’autre à chercher les réponses. Mais cette initiative n’est jamais une garantie. On peut attaquer magnifiquement et perdre. On peut jouer prudemment et être débordé. Les échecs refusent de confondre la beauté avec le résultat, exactement comme l’existence. C’est peut-être ce qui les rend si fascinants. Une partie peut être perdue et admirable. Une victoire peut être laide. Nous découvrons soudain qu’il existe plusieurs manières de mesurer la réussite.

Et peut-être en va-t-il ainsi d’une vie.

Nous demandons souvent : a-t-il gagné ? A-t-il réussi ? A-t-il obtenu ce qu’il voulait ? Nous pourrions poser une question différente : comment a-t-il joué ? Avec quelle élégance a-t-il traversé les positions difficiles ? A-t-il su protéger l’essentiel ? A-t-il reconnu ses erreurs ? A-t-il osé lorsque le moment l’exigeait ? Est-il resté digne lorsque la partie tournait mal ?

Car personne ne gagne définitivement contre le temps. Nous connaissons déjà l’issue de cette partie-là.

Ce qui nous appartient, c’est la manière de la jouer.

Bien jouer une partie que l’on sait perdue

Il existe aux échecs une coutume étrange et profondément civilisée : lorsque la défaite devient certaine, le joueur couche son roi. Il n’attend pas nécessairement le mat. Il regarde la position, comprend que la suite ne modifiera plus l’issue et reconnaît simplement que la partie est terminée. Ce geste minuscule contient une philosophie entière. Il faut beaucoup d’intelligence pour savoir lutter ; il faut parfois davantage de grandeur pour savoir quand la lutte n’a plus de sens. Nous vivons dans une civilisation qui célèbre volontiers ceux qui « ne renoncent jamais ». La formule est excellente pour vendre des chaussures de sport. Comme principe universel d’existence, elle mérite quelques nuances. Car il est des batailles qu’il faut abandonner, des projets qu’il faut modifier, des ambitions dont il faut faire le deuil et des positions devenues impossibles à défendre. S’obstiner n’est pas toujours du courage. Parfois, c’est simplement refuser de regarder l’échiquier. La sagesse consiste à distinguer le moment où la persévérance peut encore transformer la situation de celui où elle ne sert plus qu’à retarder l’inévitable.

L’ouverture à l’italienne nous avait pourtant fait entrer dans la partie avec enthousiasme. Le pion avait avancé, le cavalier était sorti, le fou regardait déjà vers le roi adverse. Nous avions des projets. Nous imaginions peut-être une attaque magnifique, un sacrifice spectaculaire, une victoire dont nos descendants parleraient encore avec émotion. Et puis la partie a suivi son cours. L’adversaire a résisté. Une erreur est survenue. Un avantage s’est dissipé. C’est ainsi que les échecs ressemblent décidément beaucoup à l’existence : nous commençons tous avec des ambitions de grand maître et découvrons progressivement que le monde joue lui aussi.

Mais il existe une différence essentielle entre perdre une position et perdre sa dignité.

Michel de Montaigne avait compris que la sagesse ne consistait pas à vaincre la condition humaine mais à apprendre à l’habiter. Nous ne maîtrisons ni le vieillissement, ni la totalité des événements, ni le temps qui nous est accordé. Nous pouvons seulement essayer de transformer cette limitation en art de vivre. Le joueur expérimenté sait exactement la même chose : il ne contrôle jamais toute la partie. Il contrôle seulement, à chaque instant, le prochain coup qui lui appartient. Voilà peut-être la plus belle leçon de l’échiquier. Nous avons passé notre existence à vouloir prévoir dix coups à l’avance. Nous avons construit des stratégies, accumulé des sécurités, préparé l’avenir. Tout cela était raisonnable et même nécessaire. Mais lorsque nous regardons rétrospectivment notre vie, nous découvrons souvent que les événements décisifs furent précisément ceux que nous n’avions pas calculés : une rencontre, un hasard, une maladie, un départ, une proposition acceptée presque distraitement, un événement minuscule dont les conséquences furent immenses. La partie réelle n’a jamais ressemblé à celle que nous avions préparée.

Faut-il s’en désoler ? Peut-être pas. Une partie dont nous connaîtrions tous les coups avant de la jouer serait parfaitement ennuyeuse. Une existence entièrement prévisible le serait probablement davantage encore. L’incertitude qui nous inquiète est aussi ce qui rend possibles la surprise, l’espérance et la nouveauté.

L’ouverture italienne porte alors merveilleusement son nom. Il y a dans cette manière d’entrer dans la partie quelque chose qui ressemble à une certaine idée de l’élégance : avancer sans brutalité, développer plutôt qu’accumuler, prendre le centre sans prétendre posséder tout l’échiquier, préparer l’avenir tout en restant capable d’improviser. Et lorsque l’occasion se présente, accepter parfois de sacrifier un pion pour obtenir quelque chose de plus précieux. Nous pourrions presque en tirer quelques principes pour l’existence. Développer ses forces avant d’attaquer. Protéger ce qui est essentiel. Ne pas déplacer dix fois la même pièce pendant que les autres dorment encore. Regarder ce que fait l’adversaire. Accepter de modifier son plan. Ne jamais confondre une perte locale avec la défaite de toute la partie. Et surtout, lorsqu’on a commis une erreur, jouer la position qui existe plutôt que celle que l’on aurait aimé avoir. Ce dernier principe est probablement le plus difficile. Nous passons parfois des années à jouer mentalement une position disparue. Nous regrettons une décision, une occasion perdue, un mauvais choix. Nous continuons à calculer ce qui se serait passé « si ». Mais le pion joué ne revient pas en arrière. L’échiquier ne connaît pas le conditionnel. La vie non plus.

Il reste toujours le prochain coup.

Et c’est peut-être là que se trouve notre liberté véritable. Non dans la possibilité de recommencer indéfiniment la partie, mais dans celle de répondre intelligemment à la position présente. Le passé explique l’échiquier ; il ne joue pas le coup suivant.

Alors, que nous enseigne finalement l’ouverture à l’italienne ? Certainement pas comment gagner à tous les coups. Ce serait une philosophie bien médiocre. Elle nous apprend quelque chose de plus subtil : comment commencer sans connaître la fin. Nous avançons un pion. Nous exposons une intention. Nous prenons un risque. Nous faisons confiance à ce que nous avons appris tout en sachant que cela ne suffira pas toujours. Nous observons la réponse du monde et nous adaptons notre jeu. Parfois nous attaquons. Parfois nous défendons. Parfois nous sacrifions. Et parfois nous découvrons que la position que nous pensions perdue contenait encore une ressource que nous n’avions pas vue.

La vie ressemble peut-être moins à une partie qu’à une succession d’ouvertures. Nous croyons régulièrement qu’un chapitre se ferme et voici qu’un autre échiquier apparaît. Il faut à nouveau avancer quelque chose, prendre position, accepter l’incertitude.

Et lorsqu’on nous demandera, à la fin, si nous avons gagné, peut-être pourrons-nous sourire.

Car nous savons depuis le commencement que cette partie possède une issue commune à tous les joueurs.

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