PR SIELEZNEFF IGOR
Vis pour autrui, si tu veux vivre pour toi.
Sénèque

La solitude étrange de ceux sur qui l’on s’appuie
Il est des phrases qui ressemblent d’abord à de modestes conseils de grand-mère et qui, lorsqu’on les regarde d’un peu plus près, contiennent toute une philosophie de l’existence. « Tu ne peux compter que sur toi-même, alors que tout le monde compte sur toi » appartient à cette famille. On l’attribue volontiers à la sagesse arabe, comme nous attribuons aux Chinois tout proverbe comportant une montagne et aux Africains tout aphorisme où apparaît un arbre. Son origine importe finalement moins que sa vérité. Car derrière cette petite formule se cache l’un des paradoxes les plus cruels et les plus beaux de la condition humaine : plus nous devenons nécessaires aux autres, plus nous découvrons parfois que nous devons apprendre à nous suffire à nous-mêmes.
Nous passons pourtant les premières années de notre vie dans l’illusion exactement inverse. L’enfant peut compter sur tout le monde. Il pleure, quelqu’un arrive ; il a faim, quelqu’un le nourrit ; il tombe, une main le relève. Son univers repose sur cette certitude merveilleuse que le malheur déclenche automatiquement l’apparition d’un adulte. Nous mettons quelques décennies à découvrir que le système fonctionne beaucoup moins bien après cinquante ans. On peut alors pleurer avec beaucoup de conviction sans qu’apparaisse nécessairement personne, ce qui constitue l’une des premières leçons sérieuses de la maturité. Grandir consiste peut-être précisément à inverser progressivement le sens de la dépendance. Celui qui était porté devient celui qui porte. Les parents vieillissent, les enfants demandent conseil, les amis traversent des épreuves, les collègues attendent une décision, une famille s’organise autour de celui ou celle qui semble le plus solide. Sans cérémonie particulière, sans décret officiel et généralement sans augmentation de salaire, certains êtres deviennent ainsi des piliers. Tout le monde s’appuie sur eux parce qu’ils ont commis, un jour, l’imprudence de paraître solides.
C’est alors que commence une solitude singulière.
Elle n’est pas celle de l’ermite ni celle de l’homme abandonné. Elle peut exister au milieu d’une famille nombreuse, d’une équipe, d’amis fidèles, d’une vie sociale remplie. C’est la solitude de la responsabilité. Celui vers qui tout le monde se tourne découvre qu’il existe peu de personnes vers lesquelles il peut lui-même se tourner. Non parce que les autres seraient égoïstes ou ingrats, mais parce qu’une réputation de solidité possède un étrange effet secondaire : elle finit par rendre notre propre fragilité presque invisible. Nous connaissons tous ces personnages. Le père que l’on appelle lorsque quelque chose va mal. La mère qui résout depuis trente ans les crises de toute une famille. Le médecin auquel les malades confient leurs peurs comme s’il avait reçu, avec son diplôme, l’assurance d’être épargné par les siennes. Le chef d’entreprise qui doit rassurer ses collaborateurs alors qu’il ignore lui-même ce que sera le lendemain. Le chirurgien qui entre au bloc entouré d’une équipe dont tous les regards convergent vers lui lorsque survient l’imprévu. Dans ces instants, la responsabilité possède quelque chose de profondément solitaire : il faut décider, et personne ne peut entièrement décider à votre place.
Les stoïciens avaient parfaitement compris cette situation. Épictète distinguait ce qui dépend de nous de ce qui n’en dépend pas. Nous ne contrôlons ni l’opinion des autres, ni les événements, ni la maladie, ni la fortune, ni même la durée de notre existence. En revanche, nous pouvons tenter de gouverner notre jugement, notre conduite et la manière dont nous répondons à ce qui nous arrive. Cette philosophie a parfois été caricaturée en une invitation à l’insensibilité. Elle dit exactement le contraire. Elle ne nous demande pas de ne rien ressentir ; elle nous conseille simplement de ne pas remettre entièrement les clés de notre équilibre intérieur entre les mains du monde extérieur. « Ne compter que sur soi-même » ne signifie donc pas mépriser les autres. Ce serait une philosophie assez triste et, surtout, parfaitement impraticable. Aucun homme ne se construit seul. Nous devons notre langue à ceux qui nous l’ont apprise, notre savoir à ceux qui nous ont précédés, une partie de nos valeurs à ceux que nous avons aimés et beaucoup de nos réussites à des circonstances dont nous ne sommes nullement responsables. L’homme prétendument self-made oublie généralement une foule considérable de personnes dans la fabrication. L’autonomie véritable est plus subtile. Elle consiste non pas à n’avoir besoin de personne, mais à ne jamais confier entièrement à quelqu’un d’autre la responsabilité de ce que nous devons devenir. On peut aimer profondément sans demander à l’autre de garantir notre bonheur. On peut recevoir de l’aide sans en faire une condition de notre existence. On peut écouter des conseils sans déléguer son jugement. On peut tendre la main en sachant qu’un jour, peut-être, personne ne pourra la saisir.
Cette idée possède quelque chose de rude. Elle est pourtant libératrice. Celui qui attend constamment que les autres le sauvent devient dépendant de leur présence, de leur fidélité, de leur humeur et parfois de leur courage. Celui qui sait qu’en dernier ressort il devra tenir debout par lui-même accueille l’aide comme un cadeau plutôt que comme une dette que le monde aurait contractée envers lui.
Mais la seconde moitié de notre maxime bouleverse cette première sagesse : tout le monde compte sur toi. Et soudain l’indépendance cesse d’être seulement une conquête personnelle. Elle devient une responsabilité morale. Car être solide uniquement pour soi-même n’est qu’une forme élégante d’égoïsme. La véritable grandeur commence lorsque cette force acquise devient un refuge pour les autres. Il y a quelque chose de profondément noble dans le fait de devenir celui que l’on aurait soi-même aimé trouver dans les moments difficiles : quelqu’un qui répond au téléphone, qui reste lorsque les autres partent, qui ne disparaît pas lorsque les ennuis commencent, qui ne promet pas nécessairement de résoudre l’impossible mais dont la présence signifie simplement : « Tu ne traverseras pas cela entièrement seul. »
Nous voici alors devant un paradoxe magnifique : apprendre à ne dépendre de personne afin de devenir quelqu’un dont les autres peuvent dépendre. Mais cette noblesse possède un prix. Et c’est peut-être là que notre maxime devient véritablement philosophique. Car celui sur qui tout le monde compte risque un jour de découvrir qu’à force d’être le port où viennent s’abriter les navires, personne ne songe plus à demander comment résiste le phare pendant la tempête.
Le privilège épuisant d’être indispensable
Il existe un piège dans lequel tombent volontiers les êtres solides : à force d’aider les autres, ils finissent par croire qu’ils n’ont plus le droit d’avoir besoin d’aide. Ce qui était une vertu devient alors un personnage. On leur a dit pendant des années qu’ils étaient courageux, fiables, raisonnables, qu’ils savaient toujours quoi faire. Ils ont fini par prendre ces compliments au sérieux, ce qui est généralement le commencement des ennuis. Car le monde adore les gens solides : ils coûtent peu en inquiétude et rendent énormément de services.
La force devient ainsi une sorte de contrat tacite. Celui qui l’a toujours montrée se sent tenu de la maintenir. Il rassure alors qu’il est inquiet, conseille alors qu’il doute, soutient lorsqu’il aurait lui-même besoin d’être soutenu. Et comme il accomplit tout cela avec talent, personne ne remarque nécessairement l’effort. Nous retrouvons ici une vieille ironie de l’existence : plus vous portez élégamment un fardeau, moins les autres pensent qu’il est lourd. C’est peut-être pour cette raison que les responsabilités élevées produisent une forme particulière de solitude. Le pouvoir, contrairement à ce que l’on imagine, ne consiste pas seulement à pouvoir davantage ; il consiste surtout à devoir davantage. Un chef peut consulter dix personnes, écouter vingt avis et réunir trente experts. Lorsque vient le moment de décider, il reste pourtant seul devant sa décision. Le chirurgien peut discuter une indication en réunion multidisciplinaire, s’entourer d’une équipe remarquable et disposer des techniques les plus modernes ; lorsque survient au bloc une difficulté imprévue, il existe un instant où tous les regards se tournent vers lui. Il faut choisir. Le savoir collectif s’interrompt alors devant la responsabilité individuelle.
Jean-Paul Sartre avait poussé cette idée jusqu’au vertige en affirmant que l’homme est « condamné à être libre ». La formule paraît sombre, mais elle dit quelque chose d’essentiel : personne ne peut totalement nous débarrasser de la responsabilité de choisir. Même obéir est encore un choix. Même renoncer à décider revient à décider de laisser un autre décider. Nous pouvons demander conseil au monde entier ; au bout du compte, certaines portes ne possèdent qu’une poignée de notre côté. Mais cette responsabilité envers soi-même ne doit pas devenir une religion de l’invulnérabilité. Il existe aujourd’hui une fascination un peu naïve pour l’autonomie absolue. Il faudrait être indépendant, résilient, maître de ses émotions, capable de rebondir après chaque catastrophe et, si possible, en tirer une merveilleuse occasion de développement personnel. À écouter certains discours contemporains, Job lui-même aurait simplement manqué d’un bon coach. Or l’être humain est un animal de relation. Aristote le définissait comme un être politique, destiné à vivre parmi les autres. Nous avons besoin d’affection, de reconnaissance, de conversation, d’amitié. La maturité ne consiste donc pas à supprimer cette dépendance, mais à distinguer l’interdépendance de l’asservissement. Compter sur quelqu’un est l’une des plus belles expériences humaines ; considérer que quelqu’un nous doit éternellement sa présence en est une autre.
Cette nuance transforme notre maxime. « Tu ne peux compter que sur toi-même » ne doit pas être entendu comme une condamnation à la solitude, mais comme une invitation à construire en soi un dernier refuge. Les autres peuvent nous accompagner jusqu’à la porte de certaines épreuves ; quelques-unes devront être traversées seuls. Personne ne peut souffrir exactement à notre place, vieillir à notre place, décider à notre place, et personne, finalement, ne mourra à notre place. Il existe au cœur de toute existence une chambre où nous demeurons seuls.
La question devient alors : que faisons-nous de cette solitude ? Nous pouvons en faire une forteresse et nous couper du monde. Ou nous pouvons en faire une source. Celui qui a appris à se tenir debout peut tendre la main sans s’effondrer avec celui qu’il relève. Celui qui a accepté sa propre vulnérabilité peut accueillir celle des autres sans la mépriser. Celui qui connaît la solitude sait mieux que quiconque combien une présence peut être précieuse.
Voilà pourquoi les êtres sur lesquels on peut réellement compter ne sont pas nécessairement les plus puissants. Ce sont souvent ceux qui ont connu l’épreuve et qui en ont tiré non pas de l’amertume, mais une certaine douceur. Ils savent que les promesses sont faciles lorsque tout va bien. La fidélité commence lorsque rester devient inconfortable. Albert Camus a construit une grande partie de son œuvre autour de cette solidarité entre des hommes qui savent pourtant leur condition absurde et solitaire. Dans La Peste, ce qui sauve moralement les personnages n’est pas la certitude de vaincre définitivement le mal. C’est leur décision de lutter ensemble contre lui. Ils savent que la peste reviendra peut-être ; ils choisissent néanmoins de soigner, d’aider, de rester. La solidarité n’abolit pas la solitude humaine : elle lui donne un sens. Et c’est peut-être cela, finalement, « être quelqu’un sur qui l’on peut compter ». Non pas être invincible. Non pas avoir toujours la solution. Non pas porter éternellement les autres sur ses épaules jusqu’à s’y briser soi-même. Mais être fidèle. Être présent lorsque notre présence importe. Tenir parole lorsque cela devient difficile. Dire la vérité lorsque le mensonge serait plus confortable. Et parfois avoir assez de sagesse pour reconnaître : « Cette fois, je ne peux pas tout porter. »
Car même les piliers ont besoin de fondations. Celui qui accepte que tout le monde compte sur lui sans jamais reconnaître ses propres limites ne devient pas nécessairement plus généreux ; il risque simplement de s’épuiser. Il existe une responsabilité envers les autres, mais aussi une responsabilité envers soi-même. Se préserver n’est pas toujours de l’égoïsme. C’est parfois la condition pour pouvoir continuer à donner. Le paradoxe s’approfondit donc encore. Pour rester longtemps celui sur qui les autres peuvent compter, il faut apprendre à ne pas se laisser entièrement consumer par ce qu’ils attendent de nous. La générosité sans limites finit parfois par détruire celui qui la pratique. Or un phare effondré n’éclaire plus personne.
La sagesse consiste peut-être à rester debout sans prétendre être de pierre.
Devenir son propre appui sans cesser d’être celui des autres
Il arrive un âge où l’on comprend que la vie n’avait jamais promis d’être juste. Cette découverte produit d’abord une certaine indignation : nous avions pourtant respecté les règles, travaillé, aimé, tenu parole, aidé ceux qui nous entouraient ; nous imaginions naïvement qu’une mystérieuse comptabilité céleste finirait par équilibrer les comptes. Il n’en est rien. Le malheur possède une administration déplorable. Il frappe parfois les meilleurs clients et oublie longtemps ceux auxquels nous l’aurions volontiers recommandé. C’est alors que la phrase prend toute sa force : tu ne peux compter que sur toi-même, alors que tout le monde compte sur toi. Elle pourrait sembler désespérée. Elle est, au contraire, une magnifique déclaration de liberté. Ne compter ultimement que sur soi ne signifie pas renoncer aux autres ; cela signifie cesser d’exiger d’eux qu’ils garantissent notre destinée. Nos amis peuvent nous accompagner, ceux que nous aimons peuvent nous entourer, nos proches peuvent nous soutenir avec une tendresse infinie. Mais il existe un point au-delà duquel personne ne peut avancer pour nous. La décision, le courage, l’acceptation, le choix de continuer nous appartiennent.
C’est ici que la philosophie stoïcienne retrouve une extraordinaire modernité. Marc Aurèle dirigeait un empire immense, affrontait les guerres, les épidémies, les trahisons et les deuils. Il aurait pu écrire des mémoires triomphants. Il préféra tenir, pour lui-même, de petites notes lui rappelant de rester juste, maître de ses jugements et conscient de la brièveté de l’existence. L’homme sur lequel comptait une grande partie du monde romain cherchait ainsi, chaque soir, les moyens de pouvoir compter sur lui-même. Il y a quelque chose de bouleversant dans cette image : au sommet du pouvoir, un homme se parle à lui-même pour ne pas se perdre.
Car la première personne à laquelle nous devons pouvoir faire confiance est peut-être celle que nous retrouvons chaque matin dans le miroir. Non parce qu’elle serait parfaite. Nous savons trop de choses sur elle pour entretenir cette illusion. Mais parce que nous devons pouvoir croire qu’au moment difficile elle ne trahira pas entièrement les principes auxquels elle prétendait adhérer lorsque tout allait bien. C’est là que réside la véritable fidélité à soi. Elle ne consiste pas à ne jamais changer d’opinion. Les imbéciles y parviennent parfois avec une remarquable constance. Elle consiste à préserver, au milieu des changements de l’existence, quelques lignes intérieures que l’on refuse de franchir. Ne pas abandonner quelqu’un parce qu’il devient encombrant. Ne pas participer à une injustice parce qu’elle est commise par notre camp. Ne pas confondre la réussite avec le droit d’humilier. Ne pas renier ceux qui nous ont aidés lorsque nous n’avons plus besoin d’eux. En somme, rester fréquentable à ses propres yeux.
Mais notre maxime possède une seconde exigence : puisque les autres comptent sur nous, que leur devons-nous ? Certainement pas l’omnipotence. Nous ne pouvons sauver tout le monde, réparer toutes les injustices ni empêcher ceux que nous aimons de souffrir. La prétention à tout résoudre est parfois une forme d’orgueil déguisée en générosité. Nous leur devons quelque chose de plus modeste et de plus rare : la fiabilité. Pouvoir compter sur quelqu’un signifie savoir que ses paroles possèdent encore un poids lorsque les circonstances changent. La fidélité est facile les jours heureux. Elle devient une vertu lorsque surviennent la maladie, l’échec, la disgrâce ou simplement cette période étrange où quelqu’un n’a plus rien à nous offrir. C’est à cet instant que nous découvrons la qualité réelle des liens humains. Les succès attirent une foule ; les épreuves font un tri d’une efficacité remarquable.
La vie nous enseigne ainsi que l’indépendance et la solidarité ne sont pas opposées. Elles se nourrissent l’une l’autre. Plus je suis capable d’assumer ma propre existence, moins j’ai besoin d’utiliser les autres pour combler mes fragilités. Et plus je suis libre intérieurement, plus je peux leur offrir une présence qui ne réclame pas constamment quelque chose en échange. Peut-être est-ce cela, au fond, devenir adulte : passer lentement de la question « Sur qui puis-je compter ? » à une interrogation autrement plus exigeante : « Qui peut compter sur moi ? »
Cette inversion change une vie.
Elle ne signifie pas qu’il faille accepter toutes les demandes, se sacrifier continuellement ou devenir le service d’urgence émotionnel de son entourage. Elle signifie simplement que nous pouvons choisir d’être l’un de ces êtres rares dont la parole constitue encore une petite certitude dans un monde qui en offre si peu. Quelqu’un qui dit « je serai là » et qui, sauf impossibilité véritable, est là.
Nous mourrons tous avec une liste de choses inachevées. Des livres que nous n’aurons pas lus, des voyages que nous n’aurons pas faits, des projets laissés en chemin. Mais peut-être existe-t-il un bilan plus discret de l’existence : combien de fois avons-nous été présents lorsqu’il aurait été plus facile de disparaître ? Combien de personnes ont-elles pu traverser une épreuve un peu moins seules parce qu’elles savaient pouvoir nous appeler ? Ce bilan-là n’apparaît dans aucune biographie officielle. Il est pourtant peut-être le plus important.
Alors oui, il faut apprendre à compter sur soi. Non par orgueil, mais parce que certaines batailles ne peuvent être déléguées. Et il faut accepter que les autres comptent sur nous, non comme une servitude, mais comme l’un des privilèges les plus émouvants d’une existence. Être nécessaire à quelqu’un est parfois lourd. C’est aussi une manière magnifique d’habiter le monde. Au bout du compte, nous sommes tous seuls et nous ne le sommes jamais tout à fait. Voilà le paradoxe. Nous avançons chacun avec notre conscience, nos peurs et notre destin ; mais nous pouvons, chemin faisant, devenir pour quelques autres une présence qui rend leur route moins difficile.
Et lorsque viendra le soir, peut-être ne faudra-t-il pas nous demander si nous avons été puissants, admirés ou même heureux. Une question beaucoup plus simple suffira : avons-nous été quelqu’un sur qui l’on pouvait compter ? Si la réponse est oui, alors nous n’aurons peut-être pas réussi toute notre vie. Mais nous n’aurons certainement pas raté l’essentiel.

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