PR SIELEZNEFF IGOR
Nul ne sait ce que peut un corps
Spinoza

Cette humiliante découverte : nous sommes faits de molécules
Nous avions pourtant bien commencé. Pendant des siècles, l’homme s’était installé au centre du monde avec cette assurance admirable qui le caractérise lorsqu’il ne sait presque rien. Il contemplait les étoiles, inventait des dieux, écrivait des poèmes, tombait amoureux et concluait assez naturellement qu’une créature capable de composer Mozart, de lire Montaigne et de souffrir pour une femme qui ne répond pas à ses messages devait nécessairement posséder quelque chose de radicalement supérieur à la matière. Puis la chimie est arrivée avec ses éprouvettes, ses formules et cette absence totale de délicatesse qui caractérise les sciences lorsqu’elles viennent déranger nos illusions. Elle nous apprend que notre corps est constitué principalement de quelques éléments d’une banalité presque vexante : oxygène, carbone, hydrogène, azote, calcium, phosphore et quelques autres invités présents en quantités plus modestes. Le carbone dont nous sommes si fiers se trouve également dans le graphite d’un crayon. Le calcium qui consolide nos os n’a rien d’exclusivement humain. L’eau constitue une part considérable de notre organisme. Voilà donc l’homme, qui s’interroge depuis des millénaires sur le sens de l’existence, ramené à une organisation particulièrement sophistiquée de molécules dont aucune, prise séparément, ne semble préoccupée par la métaphysique. L’humiliation ne s’arrête malheureusement pas là. Nous aimons ? La biochimie convoque dopamine, noradrénaline, ocytocine, vasopressine et quelques circuits neuronaux. Nous avons peur ? Adrénaline, cortisol et système nerveux autonome entrent en scène. Nous éprouvons du plaisir ? Les systèmes de récompense cérébraux se réveillent. Nous sombrons dans le sommeil, nous nous mettons en colère, nous nous souvenons d’un visage disparu : partout, des neurones modifient leur activité, des neurotransmetteurs sont libérés, des récepteurs s’activent et des concentrations changent. La chimie semble nous suivre jusque dans les endroits où nous pensions être seuls. Elle commet même une indiscrétion plus grave encore : elle montre que modifier quelques molécules peut modifier notre expérience du monde. Un anesthésique peut abolir la conscience pendant quelques heures. Une substance psychoactive peut transformer la perception. Un médicament agissant sur certains systèmes neurotransmetteurs peut modifier l’humeur ou l’anxiété. Quelques grammes d’alcool suffisent parfois à transformer un homme réservé en philosophe de comptoir possédant soudain une opinion définitive sur la politique internationale. Dès lors, une question devient difficile à éviter : si nos pensées changent lorsque notre chimie change, sommes-nous autre chose que notre chimie ? Le matérialiste peut déjà sourire. Il croit tenir la partie. Si l’on modifie le cerveau et que l’esprit change, pourquoi inventer autre chose ? La pensée serait ce que produit le cerveau comme le foie produit la bile — comparaison qui possède au moins le mérite de réduire brutalement quelques millénaires de poésie.
Mais le problème est moins simple. Prenons une symphonie de Chostakovitch. Elle est physiquement constituée de vibrations de l’air. Nous pouvons mesurer leurs fréquences, leurs amplitudes, analyser le spectre acoustique de chaque instrument et décrire parfaitement la propagation des ondes jusqu’au tympan. Avons-nous pour autant expliqué la symphonie ? Non. Nous avons expliqué son support physique. De même, connaître la composition chimique de l’encre avec laquelle Victor Hugo écrivit une phrase ne nous apprend rien sur la signification de cette phrase. Une analyse moléculaire extrêmement précise des pigments de la Joconde ne nous dira jamais pourquoi des millions de personnes s’arrêtent devant elle. Voilà la distinction essentielle : expliquer le mécanisme d’une chose ne signifie pas nécessairement épuiser son sens.
La chimie peut donc nous dire énormément sur les conditions matérielles de l’amour sans nous expliquer entièrement pourquoi nous aimons cette personne plutôt qu’une autre, pourquoi son absence nous bouleverse ou pourquoi un souvenir vieux de trente ans peut soudain nous serrer la gorge à cause d’un parfum retrouvé. Nous sommes incontestablement de la chimie. La question beaucoup plus difficile est de savoir si nous sommes seulement de la chimie. Et ce petit mot — seulement — contient presque toute la philosophie de l’esprit.
Quand quelques molécules bouleversent notre âme
Le problème devient encore plus embarrassant lorsque la chimie, non contente de décrire notre organisme, se met à modifier ce que nous appelons notre personnalité. Changez légèrement l’équilibre d’un système neurochimique et l’expérience subjective peut changer avec lui. Une molécule nous endort, une autre nous réveille, certaines diminuent la douleur, d’autres modifient la perception. Notre sublime « moi », que nous imaginions volontiers assis quelque part au-dessus du cerveau comme un président dans son bureau, découvre avec une certaine humiliation qu’il dépend du bon fonctionnement d’innombrables mécanismes biologiques dont il ignorait jusqu’à l’existence.
Cela semble donner raison au matérialisme : si toucher au cerveau modifie l’esprit, c’est bien que l’esprit dépend du cerveau. Mais dépendre d’une chose signifie-t-il se réduire entièrement à elle ? Un roman dépend du papier sur lequel il est imprimé ; brûlez le livre et vous empêcherez sa lecture. Cela ne signifie pas que son intrigue soit une propriété chimique de la cellulose. Une sonate dépend d’un instrument pour être entendue ; détruire le piano fera taire la musique, mais personne n’en conclura que Beethoven était secrètement constitué d’ivoire et de cordes tendues. Nous rencontrons ici une idée essentielle : plusieurs niveaux de description peuvent être vrais en même temps. Lorsque deux personnes s’embrassent, le chimiste peut parler de molécules, le neuroscientifique de circuits cérébraux, le psychologue d’attachement, le poète d’amour et la belle-mère d’erreur manifeste de jugement. Aucun de ces niveaux n’annule nécessairement les autres.
C’est ici qu’apparaît la notion d’émergence. Certaines propriétés n’existent qu’au niveau de l’ensemble organisé. Un neurone isolé n’a pas de chagrin d’amour. Une molécule de dopamine n’a jamais éprouvé de nostalgie. Un atome de carbone ne regrette personne. Pourtant, lorsque des milliards de neurones organisés en réseaux interagissent avec un corps, une mémoire et une histoire, surgit cette réalité extraordinaire que nous appelons une personne. La matière semble alors accomplir un tour de prestidigitation dont nous ne comprenons pas encore complètement le truc : elle devient consciente d’elle-même. Blaise Pascal avait pressenti quelque chose de ce paradoxe lorsqu’il décrivait l’homme comme un « roseau pensant ». L’univers peut l’écraser, écrivait-il en substance, mais l’homme possède sur ce qui le tue une supériorité étrange : il sait qu’il meurt, tandis que l’univers n’en sait rien. Nous pourrions actualiser l’image : l’homme est peut-être un assemblage de carbone, d’eau et de sels minéraux, mais cet assemblage possède l’extravagante particularité de connaître sa propre existence. Voilà qui complique singulièrement la formule « nous ne sommes que de la chimie ». Car si nous ne sommes que de la matière, il faut reconnaître à la matière des talents dont elle ne semblait pas faire grand usage dans les pierres. Elle se souvient, imagine demain, pleure les morts, écrit des symphonies, se demande pourquoi elle existe et, surtout, accomplit quelque chose d’assez extraordinaire : elle donne du sens à un monde qui, peut-être, n’en possède aucun en dehors d’elle.
La chimie nous conduit donc jusqu’au seuil du mystère. Elle explique de mieux en mieux comment les cellules communiquent, comment les neurones s’activent et comment certaines molécules modifient nos états mentaux. Mais une question demeure : pourquoi cette activité produit-elle une expérience vécue ? Pourquoi ne sommes-nous pas seulement des mécanismes biologiques extrêmement perfectionnés fonctionnant dans une obscurité intérieure totale ? Pourquoi y a-t-il quelqu’un pour éprouver ce qui se passe ? C’est ici que la science, avec une élégance qu’on ne lui reconnaît pas toujours, peut prononcer les trois mots les plus intelligents de son vocabulaire : nous ne savons pas. Et il faut résister à la tentation de remplir immédiatement ce silence par une certitude métaphysique. Ne pas savoir n’est pas une défaite. C’est souvent le commencement de la pensée. Nous savons que la conscience dépend profondément du cerveau ; nous ne savons pas encore pourquoi l’activité de ce cerveau s’accompagne de cette extraordinaire lumière intérieure que chacun appelle simplement : moi. La chimie nous a donc beaucoup humiliés, mais elle nous a laissé un mystère suffisamment grand pour nous consoler.
Et si notre liberté n’était elle aussi qu’une réaction chimique ?
Il reste cependant une dernière humiliation, peut-être la plus désagréable de toutes. Admettons que nos émotions, nos souvenirs, nos désirs et nos raisonnements reposent sur l’activité physico-chimique du cerveau. Que devient alors notre libre arbitre ? Lorsque je décide de pardonner, de partir, de rester, de dire la vérité ou de reprendre une deuxième part de gâteau en expliquant qu’elle serait de toute façon perdue, suis-je véritablement l’auteur de ma décision ? Ou bien suis-je seulement le commentateur tardif d’événements neuronaux qui ont déjà réglé l’affaire sans prendre la peine de me consulter ?
La question est vertigineuse parce qu’elle attaque directement l’image que nous avons de nous-mêmes. Nous acceptons assez volontiers d’être composés de molécules, à condition qu’elles restent à leur place. Qu’elles fabriquent nos muscles, nos os, notre digestion : fort bien. Mais qu’elles commencent à décider de nos amours, de nos convictions et de nos choix moraux, et nous devenons beaucoup moins conciliants. Nous voulons bien être de la matière ; nous exigeons simplement qu’elle obéisse. Or le déterminisme nous murmure une idée assez déplaisante : tout événement possède des causes. Si une décision correspond à un état du cerveau, et si cet état résulte lui-même de notre génétique, de notre histoire, de nos expériences antérieures, de notre environnement et de milliers d’influences dont nous n’avons pas conscience, à quel endroit précis pourrions-nous installer cette liberté souveraine dont nous sommes si fiers ? Spinoza avait posé le problème avec une cruauté admirable. Il imaginait qu’une pierre lancée dans les airs, si elle devenait consciente, pourrait se croire libre parce qu’elle sentirait son mouvement sans connaître la force qui l’a provoqué. Peut-être sommes-nous parfois cette pierre. Nous savons que nous désirons ; nous ignorons une grande partie de ce qui a fabriqué nos désirs. Nous déclarons alors solennellement : « J’ai choisi », ce qui est toujours plus flatteur que d’avouer : « Une extraordinaire succession de causes biologiques, psychologiques et sociales vient de produire en moi une décision dont je m’attribue maintenant la paternité. » Mais là encore, la conclusion est peut-être trop rapide. Être déterminé par des causes ne signifie pas nécessairement être privé de toute liberté. Car parmi ces causes se trouvent aussi notre réflexion, notre mémoire, notre capacité à anticiper les conséquences et cette faculté étonnante de nous opposer parfois à nos propres impulsions. L’homme en colère qui décide de se taire ne sort pas de la chimie : son cortex ne prend pas congé de son cerveau pour aller consulter Platon. Pourtant, quelque chose s’est produit : un désir immédiat a été confronté à une représentation plus large de la situation, à des valeurs, à des souvenirs, à une anticipation de l’avenir. Peut-être la liberté n’est-elle donc pas l’absence de détermination, mais la capacité d’un être à participer consciemment aux déterminations qui le traversent.
Cette définition est moins glorieuse que celle d’une âme souveraine commandant au corps depuis quelque balcon métaphysique, mais elle possède un avantage appréciable : elle ressemble davantage à ce que nous sommes. Nous ne choisissons ni nos gènes, ni notre naissance, ni l’époque dans laquelle nous apparaissons, ni la plupart des événements qui nous façonnent. Nous ne décidons même pas des pensées qui surgissent spontanément dans notre esprit. Essayez de ne penser à rien pendant trente secondes : votre cerveau profitera immédiatement de cette invitation pour vous rappeler une facture, un souvenir d’enfance et une conversation de 1997 que vous auriez dû conclure autrement. Et pourtant, au milieu de toutes ces déterminations, nous pouvons réfléchir à ce qui nous arrive. Nous pouvons reconnaître certaines de nos impulsions, les juger, parfois les corriger. Nous pouvons transformer l’expérience en mémoire, la mémoire en réflexion et la réflexion en décision. C’est peu, peut-être. Mais c’est déjà immense.
La chimie ne supprime donc pas nécessairement notre liberté. Elle pourrait au contraire en être la condition matérielle. Sans neurones, pas de mémoire ; sans mémoire, pas d’expérience ; sans expérience, pas de comparaison ; sans comparaison, pas de choix véritablement élaboré. Nous pensions devoir échapper à la matière pour être libres. Peut-être est-ce précisément grâce à l’incroyable sophistication de cette matière que quelque chose ressemblant à la liberté devient possible. Nous voici donc devant un étrange paradoxe : ce qui semblait nous réduire nous agrandit. Nous sommes faits d’atomes, certes, mais ces atomes ont appris à hésiter, à dire non, à regretter, à changer d’avis et, prouesse absolument extraordinaire dans l’histoire de la matière, ils ont même parfois appris à reconnaître qu’ils s’étaient trompés. Il est vrai que, sur ce dernier point, l’évolution semble encore avoir quelques progrès à faire.
La matière devenue quelqu’un
Il est temps de revenir à notre question, avec cette prudence que les grandes questions imposent et que les grandes réponses oublient parfois : sommes-nous seulement de la chimie ? Tout dépend décidément de ce petit adverbe, seulement. Si l’on veut dire que nos pensées, nos émotions et nos souvenirs nécessitent un cerveau matériel, la réponse est presque certainement oui : nous n’avons jamais observé une pensée se promenant sans cerveau, un souvenir flottant dans l’air ou une conscience installée provisoirement sur une étagère. Tout ce que nous savons de l’esprit umain montre son extraordinaire dépendance à l’égard du corps. Mais si l’on prétend qu’une description complète de nos molécules suffirait à dire ce que nous sommes, alors la réponse devient infiniment plus incertaine. Car un être humain n’est pas seulement constitué de matière : il est constitué de matière ayant une histoire. Deux cerveaux peuvent contenir les mêmes grandes familles de molécules et pourtant abriter deux mondes radicalement différents. Une odeur de café n’est pour le chimiste qu’un mélange complexe de composés volatils ; pour l’un, elle évoquera une cuisine d’enfance, pour l’autre un matin d’hôpital, pour un troisième absolument rien. La molécule est la même. Le monde qu’elle ouvre ne l’est pas. C’est là que surgit le sens, cette étrange propriété que l’on cherche vainement au fond d’une éprouvette. Une cicatrice peut être décrite par l’histologie avec une précision remarquable ; elle peut aussi être le souvenir d’une opération qui a sauvé une vie. Une alliance possède une masse, une composition métallique et un diamètre mesurable ; essayez pourtant d’expliquer à celui qui la porte depuis cinquante ans qu’elle n’est que quelques grammes d’or disposés en cercle. Il vous regardera avec cette indulgence que l’on réserve généralement aux personnes techniquement exactes et humainement à côté de la question.
Nous vivons précisément dans cette superposition permanente du matériel et du symbolique. Une larme est de l’eau, des électrolytes, des protéines et diverses molécules. C’est parfaitement vrai. Mais cette vérité chimique ne nous dira jamais si elle coule à cause d’un deuil, d’un bonheur, d’une douleur ou d’un oignon particulièrement agressif. La chimie peut analyser la larme ; elle ne peut pas, à elle seule, raconter pourquoi elle est tombée. Voilà pourquoi réduire l’homme à sa composition ressemble un peu à prétendre connaître Paris parce qu’on possède l’analyse chimique de ses pavés. Tout est exact, et presque tout manque.
Il faut d’ailleurs reconnaître à notre matière une généalogie assez prestigieuse. Le carbone de notre corps, l’oxygène que nous respirons, le calcium de nos os et le fer de notre hémoglobine appartiennent à une histoire cosmique qui a commencé bien avant nous. Certains de ces éléments ont été forgés au cœur d’étoiles anciennes et dispersés dans l’espace avant d’entrer, après une succession invraisemblable d’événements, dans la composition d’un cerveau capable de lire cette phrase. Nous sommes donc, au sens le plus littéral, de la matière issue de l’histoire de l’Univers. Mais voici ce qui me semble prodigieux : pendant des milliards d’années, cette matière n’avait aucun prénom. Puis elle est devenue quelqu’un. Elle s’est appelée Socrate, Mozart, Marie Curie, votre voisin du troisième ou cet inconnu croisé un soir dont on se souvient inexplicablement quarante ans plus tard. Elle a connu la peur et le désir, construit des cathédrales, inventé les mathématiques, composé des requiems, déclaré des guerres et créé la déclaration d’impôts — preuve incontestable que l’évolution n’aboutit pas toujours au sublime. Pendant quelques décennies, des atomes vieux de milliards d’années se rassemblent donc dans une configuration unique et disent : « moi ». Ils se souviennent d’une maison, reconnaissent une voix, aiment certaines personnes plus que toutes les autres, craignent leur disparition et savent qu’eux-mêmes disparaîtront. Puis cette organisation se défait et les éléments repartent vers d’autres combinaisons. La chimie continue. L’histoire individuelle, elle, s’achève.
Peut-être est-ce précisément cette brièveté qui donne tant de prix à notre étrange aventure. Nous avons longtemps voulu nous croire faits d’une substance supérieure à la matière pour préserver notre dignité. Mais peut-être n’en avons-nous pas besoin. La matière elle-même est suffisamment extraordinaire lorsqu’elle devient capable de conscience. Il n’est pas nécessaire de mépriser les atomes pour admirer l’homme. Au contraire : savoir que les mêmes lois qui gouvernent les étoiles ont fini par produire un être capable de contempler les étoiles rend l’affaire plus mystérieuse encore.
Nous sommes donc de la chimie, mais de la chimie qui se souvient, qui aime, qui souffre, qui sait qu’elle mourra et qui, malgré cette information peu encourageante, plante des arbres, élève des enfants, écrit des livres, construit des maisons et prend des rendez-vous pour l’année prochaine. Peut-être notre grandeur n’est-elle pas d’échapper à la matière. Peut-être consiste-t-elle dans ce prodige beaucoup plus étrange : pendant un instant minuscule dans l’histoire de l’Univers, la matière est devenue quelqu’un. Et elle a levé les yeux vers les étoiles dont elle venait pour leur poser une question. Les étoiles, jusqu’à présent, n’ont pas répondu. Ce qui ne nous empêche nullement de continuer à leur parler.

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